Lettre ouverte à un conseiller d'Etat démissionnaire

Monsieur le Conseiller d’État démissionnaire,

Depuis plus de deux ans, je suis les péripéties de votre «affaire» qui me consternent.

Vous avez dissimulé, puis menti effrontément.

Vous avez eu une attitude indigne d’un élu – et qui a fait de vous la risée de la Suisse entière qui se gausse tous les jours des récents développements de cette Genferei dont la République n’avait aucun besoin.

Je vous l’avais personnellement écrit, en 2018 puis en 2020. A ma dernière missive, vous avez répondu en affirmant que mes propos avaient le «mérite de la cohérence à défaut de celui du discernement». Je ris encore de ce bon mot.

Mais, prompt à donner des leçons à autrui, vous n’êtes pas disposé à les appliquer à vos propres actes. Les récentes nouvelles parues à votre sujet, portant sur vos expéditions nocturnes et vos relations avec les collaborateurs de votre département qui apparemment souffrent de votre manque caractérisé de compétences managériales sont simplement édifiantes. Je suis convaincu qu’ils ont raison de se plaindre de vos attitudes de type dictatorial.

Vous avez aussi porté plainte contre la consultante spécialisée en ressources humaines qui a audité le fonctionnement du département dont vous étiez responsable, arguant du droit d’être entendu. Par là même, vous vous attaquez à la forme en vous gardant bien d’évoquer le fond. C’est bien normal car ce que l’on sait de ce dernier est affligeant.

Vous n’avez jamais travaillé dans le monde réel, jamais. Depuis votre plus jeune âge, vous appartenez au monde de la politique qui fonctionne dans des logiques d’influence et de pouvoir et non de collaboration. On pourrait éventuellement excuser votre inexpérience si vous ne faisiez montre d’une arrogance et d’un aveuglement qui défient l’entendement.

Vous avez ainsi voulu faire déplacer la date de votre procès pour acceptation d’un avantage, au prétexte que vous serez en pleine campagne électorale en février 2021. Et là, je me permets de vous poser cette question: quels sont les usages ou règles qui permettent à un prévenu de faire reporter la date de son procès car celle-ci ne lui convient pas pour des motifs électoraux ? En l’état, force a été de constater que les logiques de pouvoir évoquées plus haut ne pouvaient – fort heureusement – s’appliquer.

Un quarteron de vos disciples a récemment créé «l’élan radical», afin de soutenir votre candidature et propager votre «idéologie». Si ce choix parait relever d’une certaine logique dans la foulée de votre exclusion du PLR, il n’en n’est pas moins ridicule et dénué de tout fondement tant ses chances électorales sont minimes, car elles ne tiennent que sur vos épaules devenues bien fragiles. Il y a en effet fort à parier que l’électorat genevois fera preuve de davantage de sagacité que vous n’en n’avez montré des dernières années et vous renverra sans ménagement à vos affaires personnelles.

Votre dernière idée est d’ouvrir une permanence pour soutenir et conseiller les entreprises en souffrance relativement au Covid-19. Là, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. On se demande bien quels conseils vous pourrez bien prodiguer, aux frais de la collectivité, vous qui n’avez jamais eu d’emploi salarié ni d’expérience entrepreneuriale. Là, vraiment, toutes les limites sont allègrement franchies.

Tout cela pour dire, Monsieur le Conseiller d’État démissionnaire, que vous devriez vous départir de ce qui reste de vos fonctions tout de suite, et épargner à la République le dernier acte du triste spectacle que vous lui infligez depuis de longs mois, à force de ne pas prendre et assumer les responsabilités de vos propres actes.

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Commentaires

  • Sous forme de lettre, Une belle mise au point avec clarté et surtout sans rien négliger !

    Se prendrait-il pour Jupiter ... ?

    Excellente Année 2021 pour vous et les vôtres

  • Je suis toujours sidéré de vérifier à quel point tout le monde semble sûr de son coup.
    Personnellement je serais plutôt dans le doute et à plus forte raison tant qu'on n'aura pas le résultat du jugement à l'encontre de Pierre Maudet qui a été, et sera je l'espère, un des meilleurs magistrats que nous aillons connus.
    Mais avant de lui donner ma petite voix, j'attends de lui qu'il se positionne clairement vis-à-vis des mesures sanitaires. Car pour le moment je ne l'entends pas et le seul qui cause ouvertement et dénonce ce délire c'est Yves Nidegger avec l'UDC qui devrait bondir lors des prochaines élections en récupérant les voix de cette gauche vendue qui n'a rien trouvé de mieux que de nous faire croire à une pandémie.

  • "Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément." écrivait Boileau. Vous avez parfaitement illustré cette citation par votre texte.

  • Quand on a aucun argument on sert des citations!
    Et les citations de ce même commentateur, sous différents pseudos, sont à revendre depuis 2016!

    Je ne suis pas ce politicien et suis de l'avis de Pierre Jenni.
    Je n'aime pas juger les gens sans preuves, ni voir les rapaces s'attaquer à une proie.... Ce qui semble être devenu courant dans cette blogosphère.

  • En matière d'attaque ad personam, cette commentatrice n'a rien à envier à personne. Je dois reconnaitre cependant une légère amélioration dans sa prose car elle n'a pas utilisé d'insultes. Est-ce l'une des résolutions pour la nouvelle année? L'avenir nous le dira.

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