Lettre ouverte à Monsieur Pascal Décaillet (2)

Monsieur Pascal Décaillet,

Il y a les négationnistes et autres complotistes sévissant sur cette plate-forme. Et il y a vous, qui jugez de tout et de rien, qui octroyez votre imprimatur aux suiveurs qui pensent comme vous et les autres que vous bloquez – j’en suis est et c’est sans doute un honneur.

Dans trois récents billets, intitulés «Anti-Trump, défoulez-vous, c'est votre jour!», «Capitole: le bal des revenants» et «Le populisme n’est pas une parenthèse» vous vous lâchez, une fois de plus, avec une salve de propos forts désobligeants à l’encontre de la presse locale, des Démocrates, du Président Biden et d’une cérémonie protocolaire pourtant conforme à toutes celles qui l’ont précédé.

On connaît vos penchants trumpistes, votre goût pour l’alt-droite et ses discours pseudo-légitimistes et le populisme en général – que vous tentez de déniaiser et d’absoudre par le biais de vos écrits. On connaît aussi votre détestation de la presse locale dite «mainstream». On ne sera dès lors pas étonné de vos récents dépôts.

En premier lieu, je suis tenté de vous rappeler que le verbe déchoir signifie la perte d’un droit ou d’une fonction en raison d’une sanction… En ce sens, Donald J. Trump a bien été déchu de son mandat présidentiel en suite de la sanction de l’électorat. Ainsi d’ailleurs que ses prédécesseurs n’ayant pas été réélus. Ce n’est évidemment pas le cas de Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama qui ont accompli les deux mandats que la constitution pouvait leur accorder.

Votre second billet reflète quant à lui un manque de connaissance des traditions qui prévalent encore aux Etats-Unis, en dépit des efforts répétés du 45e président de les mettre à mal.

Ainsi, la prestation de serment d’un président élu est sans doute la cérémonie la plus «bipartisane» du pays. La tradition (et non la restauration ou un retour à un quelconque ancien régime, comme vous l’insinuez) est que les anciens présidents y prennent part, ainsi que plusieurs représentants du Sénat et de la Chambre – et pas uniquement des dignitaires des précédentes administrations Démocrates.

Si vous aviez fait quelques devoirs, en lieu et place de produire des effets de manche épistoliers, vous auriez constaté la présence à la cérémonie de nombre de Républicains farouches opposants aux Démocrates ces dernières années : les Sénateurs Mitch «Moscow Mitch» McConnell (R-Kentucky), Lindsay Graham (R-Caroline du Sud), du Représentant Kevin McCarthy (R-Californie) notamment et en plus du Vice-Président sortant Mike Pence. Contrairement à Donald J. Trump, ces derniers ont accepté cette sorte de trêve protocolaire – ce qui ne les empêchera sans aucun doute pas d’attaquer durement l’administration Biden dès les prochains jours.

Il n’y a donc de «restauration» que dans votre esprit et je crains que ce terme ne serve en l’occurrence qu’à occuper un terrain éditorial dont je vous concède la grande pauvreté.

Quant à la presse «mainstream» que vous abhorrez, il me semble que vous en êtes un produit direct, et non un dérivé, un précipité ou un succédané – toujours à faire la leçon, avec cependant une certaine arrogance et une bonne dose de condescendance en plus.

Je ne sais si le populisme dont vous vous réclamez est une parenthèse. Ce qui en est une, fermée pour l’instant, c’est celle du trumpisme et c’est une excellente chose. Non seulement le monde n’entendra plus les mensonges et autres stupidités que proférait Donald J. Trump au quotidien, mais ce dernier sera vraisemblablement rattrapé par ses créanciers. Peut-être devra-t-il alors, pour une fois, rendre des comptes, des vrais.

 

Commentaires

  • M. Chauvet je salue la justesse de votre texte. Les récentes envolées lyriques de M. Décaillet peinent à cacher l'inanité de ses propos. Au fils de ses blogs, il frappe d'anathème tantôt à hue tantôt à dia. Il est presque touchant de le voir aller chercher des arguments dans la littérature réactionnaire de Gustave Le Bon et de Fustel de Coulanges. Son analogie entre l'élection de Biden et la Restauration était audacieuse pour ne pas dire risible. Je pense que M. Décaillet s'imagine parfois en Danton, parfois en Fouché. Mais en a-t-il seulement le talent?

  • Ne serait-il pas plutôt une sorte de Talleyrand-Périgord?

  • Le diable boiteux..hmmm, J'en doute. Talleyrand était avant tout visionnaire. Il a su défendre les intérêts de l'état et les siens. Il a oeuvré à l'équilibre des forces en Europe et à l'entente cordiale. Il était tout sauf un esprit dogmatique et rigide. Je pense qu'il est la personnification des Lumières. Il a toujours obstinément défendu les libertés de réunion, de la presse, de la confession. En plus il avait l'art de la formule. Retrouvez-vous certains de ces traits de caractère chez votre voisin de blog?

  • Un certain voisin blogueur répond, par billet interposé, à ma seconde lettre ouverte à Monsieur Pascal Décaillet. Tout à ses obsessions trumpistes, celui-ci me considère comme un redresseur de torts à la solde des «rupins [propriétaires de presse] qui s’octroient le droit de formater l’esprit du public». Et pan.
    Puis de s’engager dans un long panégyrique à la gloire de Donald J. Trump qui aurait signé «la paix d’Abraham» et qui à en croire l’épistolier fâcheux, aurait été le président le plus pacifiste de l’histoire des Etats-Unis.
    Et re-pan.
    Et de sortir l’argument le plus nul, selon lequel on ne devrait pas critiquer certains personnages ou situations en raison du fait qu’il existe pire ailleurs. Ainsi, on ne saurait critiquer l’ex-président des Etats-Unis «et de rester coi sur les exactions d'un despote chinois qui génocide les ouïghours; de ne pas prendre sa plume pour dénoncer un dirigeant iranien qui finance le terrorisme».
    Et re-re pan.
    Sauf que le blogueur en question voit le mal partout.
    Sauf que mon propos était destiné à un certain journaliste, pilier de l’alt-droite et Némésis de la presse mainstream, et que ma référence à la cérémonie d’investiture était en réponse à une série de dépôts, ma foi assez désobligeants, dudit journaliste.
    On notera que chacun a ses obsessions. Les miennes son liées à une allergie profonde au mensonge, à la manipulation de l’information et à son interprétation tendancieuse, aux délires conspirationnistes et complotistes et, surtout, au néo-obscurantisme dont certains congénères semblent irrémédiablement frappés. A l’instar de ceux qui affirment que la lune est creuse, que l’élection américaine a été volée, qu’il n’y a pas de pandémie liée au coronavirus ou que les vaccins contiennent des nano-puces permettant aux grands comploteurs mondiaux de nous surveiller de près – mais qui, dans le même temps, utilisent leurs smartphones sans réserve, avec la fonction GPS activée.
    On est toujours l’imbécile de quelqu’un d’autre. Et c’est assez rassurant, somme toute.

  • discours sur la méthode . P.Decaillet est bien entendu libre de défendre ses opinions ultra.conservatrices , ce qui me semble plus problématique c'est la confusion entretenue entre les commentaires et les interviews dans sa production sur Léman Bleu , la manière de rajouter des phrases bien senties afin de mettre en valeur tel jeune et forcément brillant UDC , les questions entrecoupées de commentaires bien orientés destinés à souligner le bien fondé de propos réactionnaires me font penser qu'il est plus un propagandiste, polémiste, qu'un journaliste:à cela s'ajoute que seul les félicitations ont droit à l'existence sur FB et sur son Blog il censure systématiquement toute tentative de critique cela au nom de la liberté d'expression bien entendu .

  • Maudet d’abord, Trump n’en parlons pas, Décaillet maintenant…

    Drôle de manière pour vous faire des copains blogueurs… Si vous comptiez sur une apparition sur le plateau télé du dernier nommé pour un coup de pub, une gentille promotion pour votre travail – après tout, entre petits entrepreneurs indépendants surtaxés on peut s’aider…-, ben je pense que c’est râpé.

    Si vous ajoutez à cela tous les cons spirants qui hantent cette plateforme, attendez-vous à voir se déverser leur fiel dans leurs blogs réservés. Sapé de neuf pour le printemps prochain, qu'ils vont vous rendre. Numérotez vos abattis et ne sortez pas sans votre pitbull, va faire chaud à Piogre.

  • Gislebert, rassurez-vous, je n'ai pas l'ambition d'être invité sur le plateau du dernier nommé. Ne serait-ce que parce que je n'aurais rien à dire, puisqu'il fait lui-même les questions, les réponses et les commentaires liminaires, marginaux et ultimes.

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