Le blog photographique de Nicolas Chauvet - Page 4

  • Aucun de nous n'est né avec le bon visage

    "Aucun de nous n'est né avec le bon visage. C’est un travail exigeant d’être photographe de portraits" - Imogen Cunningham

    Nic_DSCF2870BW.jpg

    Genève, novembre 2020, auto-portrait

  • Embrasse tes lèvres

    "Embrasse tes lèvres et tu verras ce que tu crées" - Santosh Kalwar

    Barbs_DSCF8109_2BW2000.jpg

    New York, décembre 2019 - Modèle Gia Barbs

  • Je t'aime

    "Je t'aime, je t'adore, je n'ai d'autre pensée que toi au monde" - Benjamin Constant

    Milano_XP2B0409BW.jpg

    Milan, novembre 2018

  • Burlesque (9)

    "L'objectivité est presque un choix que vous faites. En tant qu'artistte burlesque, je n'ai pas choisi d'être objectifiée" - Esme Bianco

    Misty_DSCF1270_2BWLT2.jpg

    Montreux, septembre 2020 - modèle Misty Lotus

  • Monsieur Jean-Dominique Michel, apôtre de la lutte contre le Covid-19?

    On me pardonnera, je l’espère, de sortir du domaine photographique afin, exceptionnellement, de commenter les interventions d’un confrère blogueur, Monsieur Jean-Dominique Michel. Depuis des mois, ce dernier s’évertue à expliquer aux populations que nos gouvernements font tout faux dans le contexte de la gestion de la pandémie.

    Je n’entrerai pas dans la polémique, pourtant particulièrement nourrie, liée aux qualifications professionnelles de Monsieur Jean-Dominique Michel. Pour certains, il est un expert indiscutable de la santé publique et pour d’autres, un imposteur. Il a ses suiveurs, pour ne pas dire ses disciples, et ses détracteurs. Il donne amplement la parole à ceux qui pensent comme lui et disqualifie les autres.

    Des jours durant, Monsieur Jean-Dominique Michel a affirmé que l’idée d’une seconde vague de la pandémie n’était qu’une vue de l’esprit :

    « Ce qui est sûr, c’est qu’il ne s’agit pas d’une deuxième vague. Si deuxième vague il y avait dû y avoir, elle se serait produite au déconfinement de mai, quand aucune des mesures imposées depuis n’était en vigueur » (19.10.2020)

    Les taux actuels d'infections, d'hospitalisations et de décès liés au Covid-19 semblent malheureusement infirmer cet avis (plus de 9,300 cas annoncés aujourd'hui). Les décisions prises hier par le Conseil Fédéral et le Président de la République Française également.

    Monsieur Jean-Dominique Michel est évidemment un fervent partisan du traitement à l’hydroxychloroquine, tel qu’il est recommandé et pratiqué à l’IHU de Marseille par le professeur Raoult et son équipe. Les études scientifiques sérieuses publiées ces dernières semaines semblent lui donner raison, à tout le moins si ce traitement est pratiqué précocément.

    Il n'en demeure pas moins que...

    Dans un entretien mémorable qu’il a eu avec Sylvano Trotta (le complotiste notoire qui prétend que la lune est creuse), Monsieur Jean-Dominique Michel a affirmé, très sérieux :

    « J'ai dû me battre contre mon gouvernement pour trouver de l'hydroxychloroquine parce que j'étais malade du Covid. J'ai dû arranger un deal clandestin sur un parking pour obtenir un médicament qui pouvait me sauver la vie. J'ai dû ruser contre mon gouvernement... On vit dans quel monde ? » Séquence vidéo postée sur Youtube, 59’ 30’’

    Sur sa page Facebook, il tenu des propos d’une incroyable condescendance à l’encontre de Monsieur Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue Médicale Suisse et accessoirement médecin et théologien :

    « Bertrand Kiefer est depuis longtemps un observateur intéressant du domaine médical, quoique toujours un peu embrouillé (…) »

    Monsieur Jean-Dominique Michel semble donc très prompt à la critique d’autrui – et par autrui, il faut comprendre ceux qui ne pensent pas comme lui. Il est par contre d’une très grande susceptibilité lorsque qu’il est critiqué lui-même… Ainsi, en suite d’une conférence donnée à Liège en Belgique, il a essuyé un commentaire sans appel d’une journaliste de la RTBF. Alors, furieux, il estime ledits propos injurieux et abjects et exige évidemment la publication d’un (long) droit de réponse. On ne peut qu’imaginer que cette exigence n’a été suivie d’aucune publication ou excuse, à l’exception de son autojustification sur son blog.

    Monsieur Jean-Dominique Michel évoque, à juste titre sans doute, les effets anxiogènes des annonces faites par nos gouvernants depuis le début de la pandémie. Il ne se prive pour autant par de faire de même, ne serait-ce que par le titre du dernier billet de son blog: "Nouveau confinement: 100,000 morts de plus (en France)?"

    Monsieur Jean-Dominique Michel ne s’en tient pas là. Les sommets de l’arrogance condescendante et pontifiante sont atteints, voire dépassés, dans deux séquences vidéo adressées à Messieurs Olivier Véran et Emmanuel Macron, respectivement Ministre de la Santé et Président de la République Française.

    S’agissant de Monsieur Olivier Véran, je ne citerai que les derniers instants d’un programme qui durait cinq minutes et treize secondes, durant lequel Monsieur Jean-Dominique Michel prenait un air très, très sérieux :

    « Il est urgent de mettre les priorités dans le bon ordre et d'arrêter cette destruction qui conduit déjà à des millions de chômeurs en plus, à des centaines de milliers de fermetures et de faillites d'entreprises. Tout ça pour une épidémie respiratoire virale qui n'aurait été que la dixième la pire depuis l'après-guerre. Nous sommes dans un délire collectif. Il est urgent d'en sortir. Confier les rênes des décisions à des personnes compétentes en qui les Françaises et les Français ont confiance, comme le professeur Raoult ou le professeur Perrone, qui a assumé cette fonction pendant longtemps dans le cadre des politiques de santé. Et puisque votre action et votre communication sont désormais devenus toxiques pour le pays, Monsieur le Ministre, prenez vos responsabilités et, je vous en prie, démissionnez ! »

    Il faut s’attarder davantage sur la deuxième adresse, à Emmanuel Macron, qui dure douze minutes et trente-six secondes, et dont il faut relever ces truculents extraits :

    « Monsieur le Président, l'heure est grave, vous prenez des mesures de plus en plus dures et brutales, sans précédent. Vous nous avez dit au mois de mars, que nous étions en guerre, mais en guerre contre qui ? Contre quoi ? On n’est pas en guerre contre un virus. On soigne les gens et on gère une épidémie. Quel est le sens de maltraiter pareillement la population française avec des mesures douteuses, sans efficacité avérée, destructrice de l'économie, du lien social et des libertés ? »

    Et rebelote, sur l’hydroxychloroquine :

    « Monsieur le Président, votre ex-ministre de la Santé, Madame Buzyn, qui se justifiait devant la commission de l'Assemblée nationale en disant « Les Français prennent trop de médicaments, donc nous avons interdit d'hydroxychloroquine, nous l'avons mis sur un tableau de substances vénéneuses ». Mais quelle absurdité ! Nous avons tous été témoins de la vague de manipulation autour de cette molécule. D'abord, l'affirmation totalement fallacieuse de sa soudaine dangerosité, reprise en boucle par les membres de votre gouvernement, par les médias. Ensuite, une volée d'études falsifiées, bidon, crapuleuses, comme celle parue dans le Lancet qui a donné l'opportunité immédiatement à l'OMS d'interrompre tous les traitements randomisés en double aveugle sur cette molécule et à votre ministre de la Santé de tout de suite promulguer une interdiction.

    Actuellement, Monsieur Olivier Véran continue un travail de harcèlement, d'une agressivité invraisemblable envers l’IHU de Marseille, qui ne fait, je me permets de le rappeler, qu’appliquer les procédures normalement prévues face à une épidémie et, cela vous aura probablement échappé, Monsieur le Président, qui ont les meilleurs résultats de toute la France »

    J’arrêterai là les citations expressis verbis de Monsieur Jean-Dominique Michel et renverrai les lecteurs à son blog ainsi qu'à Youtube afin qu'ils les lisent ou les visionnent intégralement. Je relèverai en revanche les intéressants propos de Bernard-Henry Lévy sur la science, la médecine, les scientifiques et les médecins (extraits de l’ouvrage « Ce virus qui rend fou » Grasset, 2020) :

    « Ensuite, on dit le « corps médical » par-ci… La communauté scientifique par-là…  On s’émerveille de voir les chercheurs du monde entier se donner la main pour avancer d’un seul élan et parler, le moment venu d’une seule voix…

     Sauf que tout cela n’a pas de sens. Et, ayant la chance d’être entré en philosophie par la porte de l’épistémologie, je sais que la « communauté » des sachants n’est pas plus communautaire que d’autres ; qu’elle est traversée par des lignes de fracture, des sensibilités et intérêts divergents, des jalousies minables, des querelles mandarinales, et aussi, bien entendu, des disputes fondamentales ; je sais que le monde de la recherche est une Kampfplatz, un champ de bataille où règne une foire d’empoigne non moins confuse que celle, pointée par Kant, dans la métaphysique ; (…) je sais, en un mot, si c’est bien des scientifiques que l’on parle, c’est écouter une pétarade perpétuelle et, quand on est un Etat, inviter la foire à la table du roi !»

    Je trouve ce propos très roboratif.

    Tout cela pour dire qu’à mon très humble avis (je ne suis en effet ni médecin, ni scientifique, ni virologue, ni infectiologue, ni "anthropologue de la santé", Dieu m'en garde, ni même scientologue), que les affirmations péremptoires de Monsieur Jean-Dominique Michel ne contribuent pas davantage à un apaisement social et scientifique (pourtant nécessaire aujourd’hui) que celles qu’il reproche à tous ceux qui ne pensent ou n’agissent pas comme lui. Elles ajoutent au contraire à une confusion déjà grande. Elles participent de la pétarade mentionnée par BHL.

    Pour autant, il convient de reconnaître à chacun le droit, Monsieur Jean-Dominique Michel le premier, de dire son avis. Mais il faut dans le même temps rappeler l’impératif d’écouter celui d’autrui dans une perspective socratique, c’est à dire visant à comprendre la position de l’autre, même si on ne la partage pas.

    Et là, je dois dire toute ma peine à comprendre celle de Monsieur Jean-Dominique Michel.

    Lien permanent Pin it! Catégories : Humanité 5 commentaires