Mauvaise presse

  • La scandaleuse indécence des anti-vaccin

    Depuis des semaines, les milieux anti-vaccin et autres complotistes nous rabattent les oreilles et les yeux de leurs slogans les plus absurdes.

    Surveillance numérique généralisée (éteignez vos téléphones portables, ce sera plus simple), dictature sanitaire, dictature «nazi-taire», et on en passe. Mais l’observation la plus récente, mais aussi la plus malsaine et la plus indécente est celle de ceux qui ont jugé bon d’arborer une étoile jaune sur laquelle était inscrits les mots «non vacciné». Ces gens-là se comparent à la résistance aux occupants nazis en Europe. Il n’a plus de limites à l’indignité.

    Unknown.png

    L’utilisation du symbole d’oppression qu’était l’étoile jaune me donne la nausée.

    Il se trouve aussi que plusieurs membres de ma famille ont été résistants durant la seconde guerre mondiale et l’un de mes oncles, dénoncé par un collaborateur, a subi l’emprisonnement puis la déportation (Dora, Neuengamme, Bergen-Belsen). Miraculé car toujours vivant à la libération, il est rentré chez lui, ne pesant plus que 45 kilogrammes pour 190 centimètres de taille.

    Nous ne connaissons aucune dictature dans ce pays, et les prétendus «résistants» d’aujourd’hui, bien installés dans le confort du XXIe siècle et de leurs salons sont vraiment d’une indescriptible ignominie. Ils ne prennent aucun risque, sinon celui de se faire contaminer et de subir les conséquences directes de leur aveuglement. A titre d’exemple, on relèvera qu’aux Etats-Unis, où 49% de la population adulte est vaccinée, 99.5% des nouvelles contaminations frappent des individus qui ne sont pas vaccinés. La prévalence du Covid-19 chez les vaccinés s’élève donc à 0.5%. CQFD.

    Bien sûr, on me rétorquera que je n’y connais rien, qu’en Israël on constate une recrudescence des infections chez les vaccinés Pfizer, que rien n’est sous contrôle, que Macron est un dictateur, Berset aussi, et que ce sont eux, les anti-vaccins qui ont tout compris (avis aux potentiels commentateurs, trouvez autre chose), qu’ils sont détenteurs de la vérité la vraie, que nos autres, le troupeau stupide sommes manipulés par les chefs du complot ourdi par une secte de pédophiles placés sous les ordres de Clinton et des big pharma - et Dieu sait quoi d’autre encore.

    Finalement, il convient de réaffirmer, encore et toujours, la réalité simple et compréhensible par tous. En Suisse, la vaccination en général et contre le Covid-19 en particulier NE SONT PAS OBLIGATOIRES et ne le seront très vraisemblablement jamais.

    Donc, anti-vaccins de tous les pays, complotistes, résistants à la petite semaine et autres irrédentistes, unissez-vous et ne vous faites pas vacciner.

    Mais de grâce, laissez les autres tranquilles et fichez-leur la paix.

  • Margoulin, toujours

    Dans une récente interview publiée par la Tribune de Genève, l’ex-Conseiller d’État, désormais barbu et décravaté, livre ses projets d’avenir et n'a rien changé de sa perpétuelle et légendaire autosatisfaction.

    Il nous dit avoir fait une campagne électorale réussie et a "l’étrange sentiment d’avoir gagné tout en ayant perdu mon siège et de sortir malgré tout politiquement renforcé de cet épisode".

    En clair, il a subi une défaite, mais il a gagné.

    Il nous dit qu’il veut travailler dans le secteur privé et qu'il est près de conclure. Là, ça va changer de son précédent job… Il aura sans doute des chefs à qui il devra rendre des comptes, sans entourloupes, ni enfumage. Et puis, ce sera un vrai boulot. Au vu des expériences d'un passé récent, on espère néanmoins qu'il n'aura pas trop de subordonnés.

    Mais la meilleure est celle-ci : "J’aimerais m’engager notamment dans le domaine culturel et sportif, pourquoi pas en remontant sur les planches".

    Il a raison. Genève a vraiment besoin d’un clown de plus en politique.

    Et comme le dit opportunément l’un des commentateurs de ladite interview, on lui souhaite "tout le meilleur pour la suite de son futur".

  • Post Tenebras Lux

    Une stratégie désormais connue de l’alt-droite pour discréditer ses ennemis consiste à se retourner contre ceux qui la critiquent. On a vu, quatre années durant, ce phénomène se développer au Etats-Unis, pour atteindre son paroxysme après les événements du 6 janvier 2021.

    Une tendance semblable apparaît depuis quelques temps à Genève.

    Tout d'abord dans les dépôts d’un journaliste local à propos de l’affaire du Margoulin. Depuis l’éviction de ce dernier de ses responsabilités managériales, et également depuis la sortie de l’accablant rapport Fonjallaz, ledit journaliste tire à feu nourri sur le Conseil d’État et sa Présidente. Ainsi le lit-on dégoiser sur le «triste Sextuor» et ses «acariâtres vibrations». Ne nous y trompons pas. Tout cela constitue une manœuvre de diversion visant à pousser les lecteurs à ne pas regarder les fautes commises par le futur ex-Conseiller d’État.

    Il y en a même un autre, blogueur, qui va jusqu’à affirmer, sans honte ni gêne:

    «Je déplore que la Juge dans ses considérations ait relevé que le prévenu a menti (sur son voyage à Abu Dhabi). Cela ne peut être considéré comme un délit. En effet, victime de son acte, il a cherché à se disculper, et cela sans avoir porté préjudice à l’État de Genève. Sa condamnation ne porte que sur un seul point : l'acceptation d'un gros avantage sous forme d'invitation du prince héritier de l’Émirat à venir assister tous frais payé à un grand prix de formule 1, et il n'a pu être prouvé que cette invitation servait à octroyer un avantage à l’inviteur» (c’est moi qui souligne). On appréciera le retournement de l’argument visant à affirmer que l’inviteur n’a pas obtenu davantage alors que le délit se situe précisément à l’inverse puisque c’est l’invité – le Margoulin, en l’occurrence - qui en a obtenu un et en a été reconnu coupable. Il n'est en aucun cas «victime de son acte».

    Qui a fauté ? Le «triste Sextuor» ou le Margoulin? Il me paraît que c’est bien ce dernier qui a menti, qui a bénéficié d’un avantage et qui a démontré une totale incurie dans sa conduite et son management (je ne parle même pas de l’affaire de la donation fiscalement déduite). Il a fait preuve d’une incroyable obstination à s’enfermer dans ses mensonges, ses dénégations et son mépris des cadres et collaborateurs ayant travaillé pour lui. Et c’est cet homme qui vient donner des leçons à la population genevoise.

    Non, décidément, il y a quelque chose de pourri dans la République. L’accusé devient le procureur, le journaliste tente de dévier l’attention des populations de l’essentiel et le blogueur interprète le jugement d’un tribunal à sa propre manière… Sans compter ceux qui affirment qu'il faut impérativement élire le Margoulin pour que la droite ne perde pas sa majorité au Conseil d'État... Les faits disparaissent totalement de ces tableaux, pour ne laisser la place qu’aux contre-vérités, aux manipulations et aux fantasmes.

    Mais, comme le dit la devise du canton, «Post Tenebras Lux». Espérons qu'un retour de la lumière se manifeste dès le 28 mars prochain.

  • Une République banane-noix de coco?

    Un blogueur plaisantin, vieux radical du siècle dernier, s’insurge que Pierre «le Margoulin» Maudet ait pu être qualifié de «toxique» par l’un de ses ex-camarades de de parti, accessoirement démissionnaire de la CCIG.

    Un autre, primesautier, définit à sa façon ce qu’est le mensonge et tente, maladroitement, de disculper le Margoulin au prétexte que tout le monde ment ou a menti. On reconnaîtra la force de l'argument. Là, il n'y a pas photo.

    Un certain journaliste, impénitent donneur de leçons, ni de droite ni de gauche mais alt-droite quand même, s’en prend à répétition à la Présidente du Conseil d’Etat qui commente l’accablant rapport de l’ancien juge Fonjallaz. D’après lui, le fait d’être en campagne électorale devrait l’en empêcher. Vraiment? Pour qui se prend-t-il?

    Une faction de la CCIG soutient ouvertement le Margoulin.

    On croit rêver.

    Comme je crois rêver au constat qu’il s’est trouvé vingt-huit mille électeurs pour voter Margoulin. Mais bon, j’imagine qu'on a les élus que l’on mérite. Le cauchemard serait qu'il retrouve son siège, le Margoulin. S'il y a une occasion dans l'année de voter utile, c'est sans aucun doute le 28 mars.

    Le canton de Genève est-il en passe de devenir une République banane-noix de coco?

    Le pire n'est jamais certain.

  • M l'indésirable

    Au-delà de l’intérêt que prennent certains à ergoter sur l’opportunité de l’utilisation du terme "margoulin" pour désigner un Conseiller d’Etat démissionnaire et de "pro-margoulin" pour qualifier ses soutiens, il est impératif de prendre connaissance du rapport établi par Monsieur Jean Fonjallaz sur le fonctionnement du DDE.

    Au terme de cette instructive et édifiante lecture, on ne peut que penser que M est devenu parfaitement indésirable dans la politique de la République et, surtout, dans un rôle de conduite de collaboratrices, collaborateurs ou cadres.

    On retiendra tout particulièrement ces extraits:

    "Un style de direction efficace exige que les cadres, les collaboratrices et les collaborateurs en général comprennent, ou encore mieux acceptent les concepts de fonctionnement mis en place par la direction et, dans l’idéal, y adhèrent. L’expert n’a pas constaté qu’en tant que responsable de la gouvernance de ce département, M. le Conseiller d’Etat Maudet ait eu cette préoccupation"

    "Sur le plan de l’organisation des départements qui lui sont confiés depuis 2013, M. Le Conseiller d’Etat Maudet a, à plusieurs reprises, démantelé des entités et en a formé de nouvelles, sans que les motifs en soient clairement compréhensibles et communiqués (…)"

    "En ce qui concerne le recrutement des cadres supérieur/e/s, M. le Conseiller d’Etat Maudet en a engagé plusieurs entre 2017 et 2018. Il était dans un premier temps convaincu des compétences de chacun d’entre eux avant, très rapidement, de considérer ces collaborateurs comme inadaptés à ses propres exigences. Il les a alors mis à l’écart soit en organisant leur transfert dans un autre département, ou dans une fonction comportant moins de responsabilités, soit en leur retirant leurs compétences (…). Avant de prendre ces décisions de mise à l’écart, M. le Conseiller d’Etat Maudet n’a procédé à aucun échange sérieux et formalisé avec les intéressés ou des tiers pour s’assurer du caractère adéquat de celles-ci"

    Pour ceux à qui ces extraits ne suffiront pas, il y en a 98 pages, à déguster sans modération. Conclusion: condamné et incapable.

    Certes, il se trouvera encore quelques aveugles irréductibles pour nous expliquer que nous avons là un politicien brillant (il y en a même un qui le considère comme le "sauveur" de la majorité de droite au Conseil d'Etat)... et encourager les masses à voter pour lui le 28 mars. Un tel choix serait concevable si l’on s’abstenait de lire le rapport précité, mais dès lors que l’on connaît son contenu, il n'y a plus aucune excuse.

    Lien permanent Pin it! Catégories : Mauvaise presse, Politique 3 commentaires