Mensonges

  • Fin des blogs, fin du monde?

    Tamedia mettra un terme à l’existence de la plateforme des blogs à fin 2022. Il y a fort à parier que cette décision a été prise avant tout pour des raisons économiques. Il est vrai que cela ne coûtait rien d’avoir un blog sur ce site et que la dépense devait être élevée pour Tamedia dont la mission de philanthropie reste à définir.

    Et, depuis quelques jours, je m’interroge. Est-ce triste ou regrettable?

    Comme dans tout, les blogs montraient le meilleur et le pire. Dans ce dernier registre, je ne regretterai pas les commentateurs racistes, négationnistes, complotistes, obtus ou tout simplement en mal d’exprimer des idées (si l’on ose dire) aussi obscures que frisant l'absolue vacuité. Pas de nostalgie non plus pour les journalistes utilisant ce site pour promouvoir des idées qu’ils exprimaient ailleurs, en plus de prodiguer leurs bons conseils à la classe politique. Ils se reconnaîtront sans doute. Aucune tristesse relativement aux politiciens de toutes tendances qui n'utilisaient les blogs qu'en période pré-électorale (un peu de promotion personnelle pour pas un rond, ça peut servir, n'est-ce pas), ni pour les activistes religieux de tous bords qui voulaient convaincre le bon peuple du bienfondé de leurs dogmes.

    Dans le meilleur, j’ai apprécié quelques consœurs ou confrères qui, par la qualité de leurs billets, m’ont amené à réfléchir et à penser au-delà du premier degré. Merci à elles et eux.

    Ces blogs étaient un fidèle reflet de l'humanité, en quelque sorte, que Tamedia laissait s'exprimer avec une certaine bonhommie et qui, en finalité, participaient d'un salutaire exercice de la liberté d'expression.

    Avoir un blog a constitué pour moi une agréable discipline qui m'a poussé à m’interroger sur les contenus que je voulais publier, et à le faire avec régularité. J’ai eu d’intéressantes interactions avec les quelques fidèles qui ont pris le temps de commenter mon travail. Ces échanges me manqueront. J'avoue enfin que mon blog m’a également servi d’exutoire à l’exaspération que certains politiciens, complotistes et autres électrons libres, genevois pour la plupart, ont provoqué en moi. Ils se reconnaitront également.

    Celles ou ceux qui veulent persévérer à offrir au monde leurs pensées, y compris les plus vaines, devront désormais payer pour le faire. Sans doute cela permettra-t-il un tri salutaire.

    Pour le reste, la vie continue. La fin des blogs de la Tribune de Genève, ce n’est pas la fin du monde.

    Ainsi soit-il.

  • Le Margoulin: retour à la case condamnation

    Au grand Monopoly de la politique genevoise, le Margoulin aura tout essayé. Le mensonge à répétition, les larmes de crocodile, la confession contrite, la prétention d’avoir appris, l’autosatisfaction, l’arrogance et j’en passe sans doute.

    Il s'était trouvé une cour de justice pour l'acquitter, en décembre 2021.

    Hélas pour lui, sur appel du Ministère Public, le Tribunal Fédéral renvoie les juges de Genève à leur devoir de le condamner, ainsi que son acolyte car tous deux

    «étaient conscients du caractère indu de l’avantage et s’étaient accommodés d’en avoir bénéficié en raison de leurs fonctions officielles. Ils se sont dès lors rendus coupables du chef de l’acceptation d’un avantage».

    Et pan. Rien à ajouter.

    Il y a des jours, comme ça, où l’on se remet à croire que la justice fait effectivement son travail et que personne, même le Margoulin, n’est au-dessus des lois.

    Une question demeure: le Margoulin aura-t-il le culot d’aller jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme? Ce feuilleton grotesque continuera-t-il? Ou alors se métabolisera-t-il en une campagne électorale dont on ne peut que penser qu’elle sera assez cocasse s’il persiste dans son intention de candidater? On se réjouit déjà de l’entendre se présenter en parangon de la République, cela contribuera sans doute à pimenter davantage le spectacle ridicule et foutraque de la politique genevoise.

    Question subsidiaire: le Margoulin se rendra-t-il au Qatar pour la coupe du monde de football?  Le suspense est insoutenable.

     

    Post scriptum: ce billet est vraisemblablement l'un des derniers que je publie sur cette plateforme, vouée à disparaître. Merci à toutes celles et ceux qui ont apprécié mes contributions - et aux autres aussi.

  • Ne pas se taire, ne pas laisser braire

    Il m’est revenu qu’il y a quelques jours, à Genève, quelques dizaines d’agités dûment chaperonnés par des curés en mal de paroissiens ont manifesté en faveur de la restriction de l’accès à l’IVG au nom d’une lutte contre la «pensée unique».

    Sans doute encouragés par la récente décision de la cour suprême des Etats-Unis, paraphrasant l’acronyme IVG en «Interruption d’une Vie Gênante» les manifestants fustigent ce qu’ils appellent la pensée unique qui, selon eux, banaliserait l’avortement.

    On doit l’affirmer haut et fort: la pensée unique, ce sont eux qui l’ont. Car en effet, leur unique préoccupation est d’interdire l’avortement ou à tout le moins d'en restreindre drastiquement l’accès.

    On doit dire une chose clairement à ces gens. Personne ne les empêche de ne pas avorter et personne ne le leur reproche. Qu’ils laissent donc les femmes désireuses de pratiquer une IVG le faire. Et en ce qui concerne les curés obscurs qui, emplis d'espoir, pensent que «Ce qui se passe aux États-Unis peut se passer en Europe, en Suisse», il n’y a qu’une seule parade: défendre bec et ongles les libertés acquises et renvoyer ces apôtres de la «pensée unique» à leurs paroisses.

    Mais surtout, ne pas se taire et ne pas laisser braire.

  • La poutinolâtrie a un nouvel adepte

    Dans un récent dépôt particulièrement nauséabond, le bon Docteur D. fait la liste de tous les méfaits commis par ce qu’il appelle le «monde libre». De quels méfaits s’agit-t-il?

    D’armer l’Ukraine, par tous les moyens possibles aux fins d’accomplir le rêve impérialiste du nouveau grand Satan, l’OTAN.

    Il omet sciemment de considérer que l’actuelle guerre en Ukraine est le fait du gentil Poutine.

    C’est le gentil Poutine qui a décidé de «libérer» l’Ukraine de ses «nazis», au nom de l’idée qu’il se fait du grand empire russe.

    C’est le gentil Poutine qui menace le monde d’une troisième guerre mondiale à peu près tous les jours, que ce soit directement ou par l'intermédiaire de l’un de ses laquais.

    C’est le gentil Poutine dont l’armée est embourbée à peu près partout en Ukraine, en raison de la farouche résistance des ukrainiens.

    C’est le gentil Poutine qui est la cause directe des millions de réfugiés ukrainiens qui sont sur les routes d’Europe.

    C’est le gentil Poutine qui fait appel à des milices de Tchéchènes enragés pour exécuter quelques basses œuvres en marge des champs de bataille.

    C'est l'armée du gentil Poutine qui bombarde régulièrement des cibles civiles.

    Vraiment, l’ami Poutine est très, très gentil. Un véritable bienfaiteur de l’humanité.

    Et le bon Docteur D., toujours prompt à défendre les justes et nobles causes est devenu son petit télégraphiste.

    La nausée me prend.

  • À sa juste place

    N'en déplaise au bon Docteur D.

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    Sion, avril 2022