Russie

  • Tous au service de Genève

    Ils se disent tous au service de Genève. Le Margoulin, Philippe Morel et maintenant Guy Mettan se recyclent. Ils ont mangé à tous les râteliers. Vont-ils créer un club?  Vraiment? N’en jetez plus, la cour est pleine.

    Je pense que ces Messieurs commettent une sérieuse erreur de sémantique. Ils ne veulent pas servir, mais se servir… de Genève pour assouvir leurs ambitions politiques.

    Pourtant, il en va de la  politique comme de la cuisine: les plats réchauffés n'ont plus de saveur.

    Ces recyclés sont pathétiques.

    Je ne résiste pas à citer Karl Marx:

    "L’histoire se répète, tout d’abord comme une tragédie, après comme une farce".

     

  • Le Docteur D et le concept du bien

    En préambule, risquons d'enfoncer une porte ouverte: le bien c’est bien et le mal c’est mal. Comme ça c'est dit.

    Pour notre bon Docteur, le mal se trouve du côté de l’OTAN, des Etats-Unis, de l’Ukraine envahie et Dieu sait quoi encore. Il nous rabâche encore et encore les abominations commises durant les guerres menées par les Etats-Unis et l’OTAN depuis des décennies au nom de ce bien qu’il semble abhorrer: Corée, Vietnam, Serbie, Irak. Curieusement, il oublie l’Afghanistan (mais peut-être se réserve-t-il la possibilité d’utiliser cette invasion plus tard?).

    Et puis, les parlementaires de tous les pays qui viennent soutenir l'Ukraine et son Président ne sont que des bobos endimanchés, tendance BHL.

    Et voilà, la messe est dite. Sauf que…

    A l’impérialisme des Etats-Unis, on pourra opposer facilement celui de l’ex-URSS puis celui de la Russie. Pour rafraîchir la mémoire très sélective du Docteur D, on évoquera la Hongrie, Cuba, la Tchécoslovaquie, les îles Kouriles, l’Afghanistan, la Tchétchénie, la Crimée et désormais l’Ukraine.

    Que ta main droite ignore ce que fait la gauche – ou inversement. C'est biblique.

    On aimerait bien que, plutôt que de se livrer à ces contorsions de l'esprit, le bon Docteur D nous dise s’il trouve normal et relevant du bien qu’un pays comme la Russie envahisse un pays voisin souverain, l’Ukraine en l’occurrence. Simple question... Et puis, qu’il nous dise aussi si la ramener sur les guerres menées par les Etats-Unis et l'OTAN dans le passé peut pour autant justifier cette guerre-ci?

    Comme il le suggère lui-même régulièrement à autrui, on aimerait qu’il utilise ses capacités d’analyse pour nous expliquer la différence qui existerait à ses yeux entre l’impérialisme des Etats-Unis et celui de la Russie. Qu’il nous dise aussi en quoi le Président des Etats-Unis, son pays et l'OTAN seraient l’incarnation du mal alors que Poutine, un vrai bienfaiteur de l'humanité, serait celle du bien.

    L’espoir fait vivre.

  • Le monde libre selon Monsieur Pascal Décaillet

    Monsieur Pascal Décaillet nous refait le coup des méchants américains qui se posent en défenseurs du «monde libre». Et c’est reparti pour une couche d’antiaméricanisme primaire.

    Certes, on conviendra avec Monsieur Pascal Décaillet que les Etats-Unis ont joué un rôle peu reluisant dans le monde de l’après-guerre. Certes, le Vietnam a été abondamment bombardé et, en contrepartie des cinquante-huit mille soldats américains morts dans cette guerre inutile, des centaines de milliers de vietnamiens ont perdu la vie. Certes les dictateurs latino-américains des années soixante et soixante-dix étaient à la solde de la CIA. Mais pour autant, l'URSS de l'époque et la Fédération de Russie d'aujourd'hui sont elles aussi innocentes que l'agneau qui vient de naître?

    Dès lors, Monsieur Pascal Décaillet a soit une mémoire déficiente, soit une propension certaine à écrire l’histoire qui convient à soutenir son propos, aussi dénué de fondement soit-il. Car en effet, nous vivons dans un monde libre, ou certainement infiniment plus libre que celui que Vladimir Poutine a créé pour ses concitoyens et souhaite imposer aux citoyens ukrainiens.

    Après cela, on peut être pour ou contre ce que l’on veut. Mais que dire d’un régime qui élimine ses opposants en les empoisonnant, en les emprisonnant lorsque ce n’est pas tout simplement en les assassinant? Et puis, Monsieur Pascal Décaillet m’omet-il pas les invasions successives de la Hongrie, de la Tchécoslovaquie et de l’Afghanistan? Il est vrai que ces actions ne relevaient pas de la défense du monde libre, mais plutôt du maintien de l’ordre communiste de Moscou.

    C’est précisément cette liberté, conquise de haute lutte durant la seconde guerre mondiale puis la guerre froide qui nous permet – ainsi qu’à Monsieur Pascal Décaillet – de nous exprimer et de vivre librement. Cette liberté, nous la devons au sacrifice de soldats européens et américains. Ces derniers ont été 15 millions à servir sous les drapeaux entre 1941 et 1945. Cela, Monsieur Pascal Décaillet a fait le choix l’ignorer, tout extasié qu’il est dans sa nostalgie de la «DDR» (ex République Démocratique Allemande, pour les ignorants) et dans son rêve de la grande Allemagne qu’il voit devenir réalité dans un futur proche.

    Et l’annexion de la Crimée et maintenant celle de l’Ukraine?  Est-ce cela, le monde libre imaginé par Monsieur Pascal Décaillet et entre autres, par Monsieur Guy Mettan? Pour ma part, c'est non merci.

    Monsieur Décaillet se décrit lui-même comme un analyste rationnel des faits. Il est vrai que ladite analyse devient infiniment plus simple lorsque l’on n’en prend en considération que ce qui nous arrange. Sa vision du monde libre n'est pas celle d'un analyste, mais celle d'un polémiste.

    Nuance de taille.

  • Déshonneur et indignité

    Monsieur Guy Mettan a récemment publié un billet intitulé «Les causes profondes de la guerre en Ukraine». Russophile convaincu, décoré par le Kremlin de l’ordre de l’amitié en février 2017 (cela ne s'invente pas), Monsieur Guy Mettan ne rate aucune occasion de blâmer l’OTAN et les Etats-Unis qu’il considère comme responsables de cette guerre. Et les médias qui sont «russophobes». Il faut le lire pour y croire…

    Pour le journal Le Temps, le terme russophobe est «toxique du débat sur la Russie (…) [est] une invention du Kremlin pour disqualifier tout discours critique sur le pouvoir russe». Le parallèle avec le terme «islamophobie» que les milieux islamistes décrient et qualifient de racisme est évident.

    Monsieur Guy Mettan y va alors des poncifs habituels accusant les Etats-Unis d’avoir pris part ou déclenché des guerres:

    «au Vietnam, à Grenade, à Panama, en Irak (deux fois), en Serbie (deux fois), en Syrie, en Afghanistan, au Soudan, en Libye, au Yémen (entre autres) ces dernières décennies au prix de centaines de milliers de morts».

    Et voilà, l’escamotage est fait. Monsieur Guy Mettan oublie les causes (profondes ou pas) d’un certain nombre de ces guerres. Le Vietnam était une colonie française, l’Irak avait envahi le Koweit (une fois), l’Afghanistan avait été envahi par l’URSS en 1980. Sans même parler des missiles de Cuba. Quant aux guerres des Balkans, on peut aisément comprendre que les populations locales, nourries d'une haine ancestrale les unes pour les autres, n'aient eu aucun besoin des Etats-Unis pour commencer à se faire la guerre entre eux.

    Pour autant, les Etats-Unis avaient-ils raison? Evidemment pas. Mais bon, est-ce un motif suffisant pour justifier les exactions de Poutine? Pour faire passer la propagande russe, Monsieur Guy Mettan utilise toutes les omissions possibles.

    Mais Monsieur Guy Mettan passe les bornes en affirmant que Poutine

    «n’avait pas d’autre choix [que d’envahir l’Ukraine] s’il voulait éviter que la Russie soit démembrée et transformée en colonie américaine».

    Et les bras nous en tombent. Pour un peu, affirmera-t-il que les milliers morts ukrainiens civils de Marioupol ou de Kharkiv, et tous les autres, auront contribué à éviter le démembrement de la Russie? L'argument poutinien selon lequel il voulait dénazifier le pays était déjà gros, mais celui-ci, on ne nous l'avait encore jamais fait.

    Là, Monsieur Guy Mettan touche le fond du fond. Quel déshonneur, quelle indignité.