Symboles

  • Nous sommes une race que l'on a voulu anéantir

    "Nous sommes Juifs. Nous sommes une race que l'on a voulu anéantir. Nous avons vécu mille pogroms, des millions de ghettos, la Shoah. Nous sommes Juifs et tristes. Et la vie ne peut recommencer. L'histoire est décidément trop lourde" - Catherine Mavrikakis

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    Berlin, mémorial des juifs d'Europe assassinés, octobre 2021

  • Le voici

    "Le voici" - Karl Marlantes

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    Mont Cervin, septembre 2021

  • La scandaleuse indécence des anti-vaccin

    Depuis des semaines, les milieux anti-vaccin et autres complotistes nous rabattent les oreilles et les yeux de leurs slogans les plus absurdes.

    Surveillance numérique généralisée (éteignez vos téléphones portables, ce sera plus simple), dictature sanitaire, dictature «nazi-taire», et on en passe. Mais l’observation la plus récente, mais aussi la plus malsaine et la plus indécente est celle de ceux qui ont jugé bon d’arborer une étoile jaune sur laquelle était inscrits les mots «non vacciné». Ces gens-là se comparent à la résistance aux occupants nazis en Europe. Il n’a plus de limites à l’indignité.

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    L’utilisation du symbole d’oppression qu’était l’étoile jaune me donne la nausée.

    Il se trouve aussi que plusieurs membres de ma famille ont été résistants durant la seconde guerre mondiale et l’un de mes oncles, dénoncé par un collaborateur, a subi l’emprisonnement puis la déportation (Dora, Neuengamme, Bergen-Belsen). Miraculé car toujours vivant à la libération, il est rentré chez lui, ne pesant plus que 45 kilogrammes pour 190 centimètres de taille.

    Nous ne connaissons aucune dictature dans ce pays, et les prétendus «résistants» d’aujourd’hui, bien installés dans le confort du XXIe siècle et de leurs salons sont vraiment d’une indescriptible ignominie. Ils ne prennent aucun risque, sinon celui de se faire contaminer et de subir les conséquences directes de leur aveuglement. A titre d’exemple, on relèvera qu’aux Etats-Unis, où 49% de la population adulte est vaccinée, 99.5% des nouvelles contaminations frappent des individus qui ne sont pas vaccinés. La prévalence du Covid-19 chez les vaccinés s’élève donc à 0.5%. CQFD.

    Bien sûr, on me rétorquera que je n’y connais rien, qu’en Israël on constate une recrudescence des infections chez les vaccinés Pfizer, que rien n’est sous contrôle, que Macron est un dictateur, Berset aussi, et que ce sont eux, les anti-vaccins qui ont tout compris (avis aux potentiels commentateurs, trouvez autre chose), qu’ils sont détenteurs de la vérité la vraie, que nos autres, le troupeau stupide sommes manipulés par les chefs du complot ourdi par une secte de pédophiles placés sous les ordres de Clinton et des big pharma - et Dieu sait quoi d’autre encore.

    Finalement, il convient de réaffirmer, encore et toujours, la réalité simple et compréhensible par tous. En Suisse, la vaccination en général et contre le Covid-19 en particulier NE SONT PAS OBLIGATOIRES et ne le seront très vraisemblablement jamais.

    Donc, anti-vaccins de tous les pays, complotistes, résistants à la petite semaine et autres irrédentistes, unissez-vous et ne vous faites pas vacciner.

    Mais de grâce, laissez les autres tranquilles et fichez-leur la paix.

  • La peur de perdre ou le risque de gagner?

    Le récent et lâche abandon par le Conseil Fédéral des négociations relatives à l’accord-cadre avec l’Union Européenne a suscité toutes sortes de réactions, des plus choquées aux plus enthousiastes. Dans ce dernier registre on n’en n’attendait pas moins des dinosaures de l’UDC et autres partis apparentés, qui crient victoire et se complaisent dans le «y’en a pas comme nous».

    Au chapitre des commentaires un peu moins primaires, on retiendra l’intéressant billet de Monsieur Pascal Décaillet qui, sans doute involontairement, évoque les raisons profondes du refus de l’intégration européenne par une frange de la population suisse. Je cite le journaliste qui se justifie d’être un «souverainiste viscéralement européen» et affirme, sans rire:

    «Et maintenant, j'aspire à l'apaisement. Cet accord institutionnel était touffu, atrocement mal fagoté, le Conseil fédéral a mille fois bien fait de tirer la prise. Maintenant, il nous faut nous calmer. Respirer. Ne rien précipiter. Retirer le dossier aux diplomates et aux technocrates. Prendre quelques années pour nous demander, entre nous, les citoyennes et citoyens suisses, ce que nous voulons, en termes de politique européenne»

    Cet extrait explique tout. Prendre le temps, ne rien précipiter… Sauf qu’il omet de rappeler que cela fait plus de trente ans que cela dure… Prendre le temps de quoi? D’attendre les inévitables mesures de rétorsion que prendra l’UE? Attendre que les Suisses vainquent leur peur?

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de la peur. Tout le débat des dernières décennies est en révolution autour de cette émotion savamment attisée par la droite souverainiste et les syndicats de gauche. Peur de perdre quelque chose, on ne sait pas vraiment quoi, sinon ce sens du confort repu et auto satisfait qui habite pas mal de nos compatriotes et se traduit par le repli sur soi, la tête dans le sable, l’ignorance volontaire de ce qui se passe autour de nous, la vision fantasmée du pays et de ses frontières (pour reprendre les bêtes arguties de Monsieur Pascal Décaillet), notamment. Tout cela reflète l’incapacité qui nous empêche de nous imaginer dans un futur autre que celui des ancêtres et de la tradition, l’incapacité de prendre de quelconques risques, bref l’assoupissement induit interdisant de se projeter dans une approche prospective – et non réactive – du futur. Une attitude de riches insouciants, également.

    Monsieur Pascal Décaillet nous dit «qu’il faut nous demander ce que nous voulons, en termes de politique européenne». Il n’a que partiellement raison. Ce qu’il faut que nous nous demandions est de savoir si, symboliquement, nous voulons nous-mêmes programmer le réveille-matin ou si nous acceptons le risque de nous faire tirer du lit à l’insu de notre plein gré.

    Il n’y a pas besoin d’années pour cela.

    Le besoin essentiel est d’être gouverné par de vrais politiques, sachant que notre futur comporte des risques, mais qui encourageront nos populations à les courir et les prendre, ensemble, sachant que l’essentiel n’est pas de savoir ce que vous risquons de perdre, mais d’estimer, d’évaluer ce que nous pourrions avoir à gagner, tout en conservant notre âme.

    Tirer la prise comme l’a fait le Conseil Fédéral, par peur de perdre, est indigne. C’est une vision du monde bien différente que celle du consensus mou et de celle colportée par Monsieur Pascal Décaillet et ses comparses de l’alt-droite nationaliste dont le pays a besoin.

     

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  • Le monde à l'envers

    "L'esprit est un monde à l'envers. Le clair y procède de l'obscur, la pensée y sort des mots" - Jean Paulhan

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    New York, hiver 2020